14.05.2011
Alexandre JARDIN, "Des gens très bien"
Présentation de l'éditeur :
"Tandis que mon père s'endort peu à peu contre moi, je lui parle une dernière fois :
Plus tard, tu ne pourras pas vivre avec le secret des Jardin. Il te tuera...
Tu feras un livre, Le nain jaune, pour le camoufler.
Au même âge que toi, j'en ferai un, Des gens très bien, pour l'exposer.
Et je vivrai la dernière partie de ta vie... La mienne.
Dors mon petit papa, dors...
Ce livre aurait pu s'appeler "fini de rire".
C'est le carnet de bord de ma lente lucidité."
A. J.
C’est un livre tout à fait inattendu dans l’œuvre de l’auteur de Fanfan et du Roman des Jardin. Pour la première fois, en effet, un « Jardin » décide de retrousser les légendes qui, jusque-là et avec sa propre complicité, ont embelli l’histoire de sa famille, et de se pencher sur la face sombre de celui qu’on appelait « le Nain Jaune », c’est-à-dire son grand-père, Jean Jardin.
Rappelons que celui-ci fut le directeur de Cabinet de Pierre Laval de mai 1942 à octobre 1943 ; autant dire que lors la rafle du Vél d’Hiv – à la mi-juillet 1942 – le Nain Jaune était bien au cœur du pouvoir collaborateur.
Dans Des gens très bien, Alexandre Jardin raconte son odyssée intime depuis l’âge de dix-sept ans, où il a commencé à comprendre ce que signifiaient les responsabilités glaçantes de son grand-père, tues par sa famille – avant de s’interroger sur les chemins qui conduisent quelqu’un de bien à participer à l’horreur ; et à l’assumer sans jamais se renier.
Derrière le rire d’Alexandre, il y avait donc ce secret terrible, étrangement exhibé par son père Pascal pour qu’il ne soit pas vu.
Ce voyage chez ces « gens très bien » passe par des souvenirs, des saynètes difficiles : c’est une confession grave.
Mes commentaires : Tout au long de la lecture de ce livre, j'ai ressenti un véritable sentiment de malaise qui s'est atténué au fur et à mesure des pages tournées. Alexandre Jardin sort ici de sa vision bisounouresque de l'existence pour parler en vérité du secret de famille dont il fut involontairement le gardien, tout comme son père avant lui. Cet ouvrage, on ne peut le nier, est chargé émotionnellement. Colère, tristesse, incompréhension, lucidité et amertume s'y cotoient. "Des gens très bien" est un livre intéressant pour toute personne interpellée par les transmissions transgénérationnelles et les réflexes inconscients qui s'y rapportent. Même si cette lecture ne vous laissera pas indemne, je vous la conseille.
Ma note : 7,5/10
08:25
Écrit par Virginie Stevens
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10.05.2011
Vivre un deuil
Tout au long de notre existence, nous sommes confrontés à la perte de ce à quoi nous tenons. Qu'il s'agisse de la mort d'un être proche, de la perte d'un emploi ou d'une séparation amoureuse, le processus psychique à traverser reste identique. Des étapes obligatoires doivent être franchies pour permettre une acceptation de la situation et à terme, que la page se tourne. Si elles ne sont pas vécues en totalité, comme le calice que l'on boit jusqu'à la lie, le processus de deuil n'arrive pas à sa fin.
Pourtant, seuls quelques initiés et professionnels du domaine connaissent ces étapes. Le grand public, confronté à la perte, est souvent quant à lui bien démuni lorsqu'il s'agit de vivre une situation douloureuse. Afin de faciliter la compréhension du processus de deuil, voici quelques brèves explications sur comment fonctionne celui-ci.
Le choc : Vous apprenez la perte, quelle que soit sa nature. Vous expérimentez un séisme intérieur, vous ne comprenez pas ce qui se passe. Vous pouvez à ce moment là avoir l'impression d'être projeté hors de votre corps tellement la secousse est forte.
La sidération : Vous restez littéralement bouche bée, comme changé en statue de sel. Aucune analyse de la situation n'est à ce moment possible. Vous êtes comme déconnecté de la réalité. Il est possible que vous expérimentiez une sensation de flottement, de dissociation qui vous empêche de ressentir des émotions. Vous êtes en quelque sorte vidé de tout ressenti.
Le déni : Revenant en conscience de votre corps, vous vous trouvez face à la nouvelle qui vous a été annoncée (maladie, mort du conjoint, licenciement, départ de l'être aimé...). Mais il est impossible pour vous de l'admettre. Non, cela n'existe pas. Non, cette situation n'est pas réelle pour vous. Vous niez la réalité même si autour de vous vos proches vous mettent face à elle.
Le marchandage : Prenant conscience de la réalité de la perte désormais bien réelle, vous entreprenez une démarche de marchandage avec la vie ou vos interlocuteur. "Reste avec moi mon amour, je vais changer...", "Mon dieu, faites que mon marie revienne à la vie"... Vous tentez par tous les moyens de négocier la réalité qui est trop dure à accepter.
La colère et la tristesse : Les émotions dont vous aviez été déconnecté précédemment reviennent ici en force. Un peu comme dans le cas d'un tsunami où la mer qui s'était retirée revient avec une intensité tellement forte qu'elle vous submerge. Vous plongez alternativement dans une colère intense et dans une profonde tristesse qu'il convient de reconnaître, dans lesquelles il faut pouvoir se plonger pour pouvoir en diminuer la pression. Il faut à ce stade pleurer, crier, vous révolter. Même si ces émotions arrivent longtemps après la perte en elle-même et qu'autour de vous, votre entourage pense qu'il est temps de tourner la page. C'est en vivant ces émotions qu'elles perdront leur intensité et vous permettront de glisser lentement et sereinement vers la dernière étape de votre deuil.
L'acceptation : Quand la mer s'est calmée, que le calme est peu à peu revenu en vous sans que vous vous en soyiez rendu compte, que les émotions ont été acceptées et vécues, vous arrivez au moment de la pleine et totale acceptation de la perte. Vous pouvez à présent évoquer cette dernière avec sérénité, le souvenir de ce qui a été perdu ne vous blesse plus.
07:52
Écrit par Virginie Stevens
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02.05.2011
Etre parent, entre culpabilité et transmission...
La vie de parent, si elle est source de nombreuses joies et découvertes, est loin d'être aussi simple que l'imaginaire collectif ne le voudrait. L'arrivée d'un nouvel habitant dans l'utérus de sa mère amène bien des questions chez celle-ci mais aussi chez l'homme propulsé dans un rôle de père dont il ne comprend pas toujours les tenants et les aboutissants. Il serait tellement facile au moment de l'accouchement que la naissance de l'enfant et la délivrance du placenta se terminent par la mise à disposition d'un mode d'emploi détaillant le "comment faire" avec le petit être vagissant à présent dans nos bras.
08:09
Écrit par Virginie Stevens
dans Enfants, Parentalité |
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