22.05.2011
"Faux bébés à adopter pour mamans en deuil", un sujet à débattre
La semaine dernière, une dépêche de l'AFP mettait en exergue cette nouvelle tendance présente dans les pays anglo-saxons que d'investir des poupons plus vrais que nature en tant que symboles d'un bébé mort. Le réalisme de ces poupées est poussé à l'extrême et peu de choses les différencient d'un véritable enfant décédé. Le nom même choisi par leurs créateurs est symbolique : Reborn Babies... Les bébés nés à nouveau.
Alors que je travaille avec la mort sur base quasiment quotidienne, il m'est difficile de poser un avis tranché sur cette propension à "réincarner" le nourrisson décédé. Si la persistance du contexte morbide ne me semble pas être idéal car il empêche le véritable deuil (qui prend du temps, rappelons-le...), le fait de symboliser l'enfant par un poupon et de pouvoir ainsi terminer une relation de manière rituélique peut constituer une solution curative partie prenante du processus de deuil.
Ainsi, quand une maman met au monde un enfant mort-né, elle peut ressentir le besoin viscéral de faire persister la relation qu'elle avait avec lui in utero et de projeter à l'extérieur d'elle-même ce cri d'attachement frustré par la mort. Le poupon symbolique deviendra alors le temps nécessaire un substitut transitionnel à la perte qu'elle doit intégrer, digérer peu à peu. Quand la maman en deuil se sent prête, elle peut alors prendre le temps d'une cérémonie complémentaire à l'inhumation de son bébé bien réel, dont les funérailles ont eu lieu au tout début du processus de deuil, quand la mère était encore plongée dans une phase de sidération bien normale. Dans le cas où l'enfant mort-né n'avait pas atteint le terme légal pour être reconnu comme être humain tangible et membre de la famille inscrit à l'état civil, le fait de porter quelque temps ce substitut de bébé aux traits réalistes peut constituer un palliatif puissant à la souffrance parentale. L'enfant symbolique peut être alors "mis au monde" puis recevoir les sacrements que le contexte légal n'a pu donner au foetus né trop tôt. La ritualisation permet de cloturer un cycle et de se donner de nouvelles chances pour le vécu du reste de l'existence.
Par contre, la frontière du deuil pathologique est elle aussi rapidement atteinte. Il convient alors aux membres de la famille de la maman en deuil ou à ses proches d'attirer son attention sur les effets néfastes que le culte de l'enfant mort à travers cette statue symbolique implique. Le fait de persister dans un mime du réel, à travers les soins délivrés à cette poupée tellement réaliste, peut constituer un obstacle à l'accomplissement du deuil initial. Il s'agit de reculer pour mieux sauter, sauf que le saut n'arrive jamais. Un accompagnement du parent en souffrance devient alors impératif.
http://www.lepoint.fr/monde/faux-bebes-a-adopter-pour-mam...
21:59
Écrit par Virginie Stevens
dans Deuil, Enfants, Parentalité |
Lien permanent
| Commentaires (0)
| Envoyer cette note
| Tags : bébé mort, reborn babies, ritualisatio |
Facebook
|
21.05.2011
Prendre soin de soin pour bien prendre soin des autres
En Belgique comme dans de nombreux pays européens partageant des racines judéo-chrétiennes, il est de bon ton de faire en sorte que tout le petit monde qui nous entoure soit heureux, préservé tant que possible de toute souffrance extérieure. Nous apprenons très tôt à prendre soin de l'autre, des membres de notre famille, des amis, des personnes plus faibles... Bref, notre attention est focalisée sur le bien-être des personnes qui nous entourent. Nous apprenons très tôt à faire passer leur bonheur avant le nôtre car c'est faire preuve d'une bonne éducation et d'une vraie grandeur d'âme que de fonctionner ainsi.
Mais où est le problème me direz-vous ? N'est-ce pas logique de faire le Bien, de s'assurer que tout se passe au mieux pour tout le monde. Oui, vous avez raison ! Pour TOUT le monde. Vous et moi y compris, inclus dans ce Tout. La gageure se complexifie, n'est-ce pas ? Il faut donc s'occuper de soi aussi ?!? Mais comment faire ? Est-ce vraiment nécessaire ?
Mon expérience personnelle me fait répondre positivement à haute et intelligible voix. Oui, il est important, nécessaire, voire essentiel de prendre soin de soi. Et je pousserai même l'argumentation jusqu'à vous dire que vous devez devenir la personne la plus importante à vos propres yeux. Plus importantes que vos parents, vos enfants, vos amis, votre patron... Egoïste me chuchotez-vous ? Oui, mais positivement égoïste. En d'autres termes, ne perdons pas de vue que pour être réellement efficace avec les autres, il est nécessaire d'appliquer à soi les soins que nous leur apportons.
Petit exemple concret... Julie rentre du travail où elle s'est pliée en quatre toute la journée pour atteindre ses objectifs et faire en sorte que sa chef de service soit satisfaite. Il est 18 h. Vite, vite, elle file au supermarché pour tenter de remplir le frigo qui se vide plus vite que l'éclair. Elle n'oublie bien sûr pas d'acheter la mousse à raser de son homme et les collations fruitées des deux plus grands. Trente minutes plus tard, elle gare sa voiture devant la maison, elle vide le coffre, se précipite dans la cuisine où elle commence à préparer le repas tout en surveillant les devoirs des enfants qui, rentrés deux heures plus tôt, se sont affalés devant la télé au lieu d'apprendre leurs leçons. Les assiettes à peine déposées sur la table, son mari rentre et tous commencent à manger en râlant sur les légumes trop nombreux et les pâtes trop cuites. Julie est fatiguée, ne se sent pas reconnue mais elle tient le coup et garde le sourire. Son homme se lève et quitte la cuisine pour allumer son PC dans le salon, la laissant gérer de loin la douche des enfants et la vaisselle à ranger. Quand le soir tombé, Julie refuse de ramasser les serviettes laissées sur le sol de la salle de douche puis ronchonne quand son mari l'approche en quête de calins, aucun des membres de la famille ne la comprend. Julie en a marre. Toujours tout bien faire, que tout le monde soit satisfait, que le repas soit bon, les vêtements soient bien repassés...
Mais qu'est-ce qui cloche dans cette situation pourtant dramatiquement banale et si fréquente ? Certes Julie est parfaitement à l'écoute des besoins de toutes les personnes qui l'entourent, au boulot comme à la maison. Elle répond très bien aux attentes explicites comme implicites déposées sur ses épaules par elle-même et par les autres. Mais ses besoins à elle, sont-ils écoutés ? Son besoin d'aide, son envie d'être remerciée ou de voir son repas simplement apprécié... Qu'en est-il ? Evidemment, rien ne vient. Et Julie se sent de pus en plus frustrée, à juste titre. Mais de qui doit venir le chouchoutage ? N'est-ce pas d'abord elle-même qui doit pouvoir, à un moment donné, laisser tomber un peu de la pression qui se trouve sur ses épaules car elle l'a, inconsciemment, acceptée ?
Il ne s'agit pas ici pour Julie d'arrêter de prendre soin des autres, de se croiser les bras, d'envoyer enfants, mari, chat et poisson rouge sur les roses. D'ailleurs, y arriverait-elle, elle qui a si longtemps pris le pli de ce comportement ? Non, Julie doit à présent s'inclure (à nouveau) dans l'équation en tant que membre à part entière de la famille. En apprenant à identifier ses besoins propres, elle entame le chemin de la sérénité et un véritable retour vers l'équilibre. En s'auto-chouchoutant, la pression qui la minait diminuera et ses relations avec les autres s'en trouveront facilitées. Elle montrera l'exemple. Il y a de grandes chances pour que spontanément, les autres à leur tour se mettent à lui offrir de petits plaisirs et à lui faciliter la vie.
Alors, l'égoïsme positif est-il toujours un aussi gros défaut ?
Nous aborderons plus tard la marche à suivre pour en arriver à vraiment s'écouter puis pour réconcilier nos choix avec ceux des personnes qui nous entourent.
21:54
Écrit par Virginie Stevens
dans Communication, Enfants, Vie professionnelle |
Lien permanent
| Commentaires (0)
| Envoyer cette note
|
Facebook
|
02.05.2011
Etre parent, entre culpabilité et transmission...
La vie de parent, si elle est source de nombreuses joies et découvertes, est loin d'être aussi simple que l'imaginaire collectif ne le voudrait. L'arrivée d'un nouvel habitant dans l'utérus de sa mère amène bien des questions chez celle-ci mais aussi chez l'homme propulsé dans un rôle de père dont il ne comprend pas toujours les tenants et les aboutissants. Il serait tellement facile au moment de l'accouchement que la naissance de l'enfant et la délivrance du placenta se terminent par la mise à disposition d'un mode d'emploi détaillant le "comment faire" avec le petit être vagissant à présent dans nos bras.
08:09
Écrit par Virginie Stevens
dans Enfants, Parentalité |
Lien permanent
| Commentaires (0)
| Envoyer cette note
| Tags : parents, enfants, communication, éducation |
Facebook
|

