12.10.2011
Quand c’est fini, c’est fini ! – Comment traverser une rupture amoureuse
Le couple est une entité vivante qui naît d’une rencontre, grandit à travers des échanges et finit par mourir par la séparation ou la disparition d’un de ses membres. Il est doté d’une vie propre et s’enrichit au jour le jour de ce que chacun veut y amener. Or parfois, deux personnes qui s’aimaient se séparent, ce qui ne se fait pas sans casse.
Une rupture amoureuse est toujours difficile à passer, pour celui qui est quitté comme pour celui qui part. Il s’agit d’un véritable deuil à vivre qui va se manifester de diverses manières, chargées en émotions souvent très fortes.
Tout commence par un choc : celui de la nouvelle du départ annoncée par celui ou celle qui souhaite mettre fin à la relation. Quand on ne s’attend pas à voir partir son conjoint, ce moment secoue. S’ensuit une période de sidération, on ne comprend pas ce qui nous arrive. La rupture semble être un mauvais rêve face auquel on reste sans voix. Puis vient une phase de marchandage durant laquelle tout est mis en place pour tenter de récupérer celui ou celle qui s’en va. “Je vais changer, je te le promets...”. “Si je perds du poids, si j’arrête de boire, je suis sûr / sûre qu’il ou elle va revenir...”. A ce moment-là, soit la relation peut reprendre (sur des bases souvent plus fragiles...), soit la décision est ferme et il faut maintenant accepter l’inévitable. Il / elle est parti(e) pour de bon !
Prendre conscience de l’irréversibilité de la rupture ouvre la porte à une décharge émotionnelle. Tristesse et colère apparaissent en alternance. Pleurs, sentiment d’être au fond du trou, impression que le soleil ne brillera plus jamais, envie de voir souffrir celui / celle qui a choisi de partir, hypersensibilité... nombreux sont les symptômes qui s’expriment à ce moment-là. Ce n’est qu’une fois que la souffrance a pu être exprimée qu’il devient possible d’accepter la réalité de la rupture et de retrouver la sérénité. C’est la dernière phase du processus de deuil appelée aussi acceptation.
Pour retrouver l’équilibre, il n’y a pas 36 solutions. Il faut pouvoir se laisser glisser dans ses émotions et les vivre complètement. Accepter cette tristesse et cette colère. Ne pas lutter contre elles car elles sont nécessaires, pour autant bien entendu qu’elles ne perdurent pas durant une trop longue période. Il est normal et sain d’être triste et d’avoir l’impression que la vie n’a plus de couleurs. Il est normal de détester celui ou celle qui a osé nous quitter.
Quelques trucs et astuces très pratiques peuvent venir à notre aide au moment de la rupture, pour faire le point sur ce qui l’a motivé et pour éviter que de telles circonstances ne se reproduisent à l’avenir. Il est toujours intéressant de revenir sur l’histoire de la relation, de voir ce qui nous a séduit chez la personne qui partageait notre vie mais aussi sur ses défauts et ce qu’on n’aimait pas chez elle. Si on tombe toujours sur le même profil de conjoint(e), la comparaison entre les différentes relations amoureuses de notre vie est une source d’informations très utile. En identifiant les points communs de ces histoires d’amour, on constate qu’on est souvent attiré(e) par le même type d’hommes ou de femmes. Et qu’ils ou elles ne sont pas toujours les plus adéquats pour trouver le bonheur !
A ce stade, un travail sur soi peut permettre de changer notre programmation de base. Comme on ne choisit pas son amoureux / amoureuse par hasard mais plutôt en fonction de notre histoire personnelle (éducation, transmissions transgénérationnelles, blessures d’enfant...), le fait de se remettre en question et de réparer les blessures qui nous handicapent peut permettre de ne plus choisir le même profil de conjoint(e). Ensuite, en définissant sur papier ce qu’on attend de l’amoureux ou de l’amoureuse idéal(e) – éléments indispensables, critères négociables et critères d’exclusion – , il devient possible de faire un choix beaucoup plus conscient lorsqu’un nouvel amour pointe son nez.
Divers ouvrages existent sur le sujet qui donnent des pistes de réflexion intéressantes. Je vous conseillerais plus particulièrement les suivants :
- Dr Christophe FAURE, “Ensemble mais seuls”
- Paulette KOUFFMAN-SHERMAN, “Ces gens qui cherchent l'âme soeur : S'aimer d'abord pour trouver l'amour
Même si la rupture amoureuse est une période douloureuse à traverser, c’est aussi souvent une formidable opportunité de connaissance de soi. Le jeu en vaut la chandelle.
01:01
Écrit par Virginie Stevens
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22.05.2011
"Faux bébés à adopter pour mamans en deuil", un sujet à débattre
La semaine dernière, une dépêche de l'AFP mettait en exergue cette nouvelle tendance présente dans les pays anglo-saxons que d'investir des poupons plus vrais que nature en tant que symboles d'un bébé mort. Le réalisme de ces poupées est poussé à l'extrême et peu de choses les différencient d'un véritable enfant décédé. Le nom même choisi par leurs créateurs est symbolique : Reborn Babies... Les bébés nés à nouveau.
Alors que je travaille avec la mort sur base quasiment quotidienne, il m'est difficile de poser un avis tranché sur cette propension à "réincarner" le nourrisson décédé. Si la persistance du contexte morbide ne me semble pas être idéal car il empêche le véritable deuil (qui prend du temps, rappelons-le...), le fait de symboliser l'enfant par un poupon et de pouvoir ainsi terminer une relation de manière rituélique peut constituer une solution curative partie prenante du processus de deuil.
Ainsi, quand une maman met au monde un enfant mort-né, elle peut ressentir le besoin viscéral de faire persister la relation qu'elle avait avec lui in utero et de projeter à l'extérieur d'elle-même ce cri d'attachement frustré par la mort. Le poupon symbolique deviendra alors le temps nécessaire un substitut transitionnel à la perte qu'elle doit intégrer, digérer peu à peu. Quand la maman en deuil se sent prête, elle peut alors prendre le temps d'une cérémonie complémentaire à l'inhumation de son bébé bien réel, dont les funérailles ont eu lieu au tout début du processus de deuil, quand la mère était encore plongée dans une phase de sidération bien normale. Dans le cas où l'enfant mort-né n'avait pas atteint le terme légal pour être reconnu comme être humain tangible et membre de la famille inscrit à l'état civil, le fait de porter quelque temps ce substitut de bébé aux traits réalistes peut constituer un palliatif puissant à la souffrance parentale. L'enfant symbolique peut être alors "mis au monde" puis recevoir les sacrements que le contexte légal n'a pu donner au foetus né trop tôt. La ritualisation permet de cloturer un cycle et de se donner de nouvelles chances pour le vécu du reste de l'existence.
Par contre, la frontière du deuil pathologique est elle aussi rapidement atteinte. Il convient alors aux membres de la famille de la maman en deuil ou à ses proches d'attirer son attention sur les effets néfastes que le culte de l'enfant mort à travers cette statue symbolique implique. Le fait de persister dans un mime du réel, à travers les soins délivrés à cette poupée tellement réaliste, peut constituer un obstacle à l'accomplissement du deuil initial. Il s'agit de reculer pour mieux sauter, sauf que le saut n'arrive jamais. Un accompagnement du parent en souffrance devient alors impératif.
http://www.lepoint.fr/monde/faux-bebes-a-adopter-pour-mam...
21:59
Écrit par Virginie Stevens
dans Deuil, Enfants, Parentalité |
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10.05.2011
Vivre un deuil
Tout au long de notre existence, nous sommes confrontés à la perte de ce à quoi nous tenons. Qu'il s'agisse de la mort d'un être proche, de la perte d'un emploi ou d'une séparation amoureuse, le processus psychique à traverser reste identique. Des étapes obligatoires doivent être franchies pour permettre une acceptation de la situation et à terme, que la page se tourne. Si elles ne sont pas vécues en totalité, comme le calice que l'on boit jusqu'à la lie, le processus de deuil n'arrive pas à sa fin.
Pourtant, seuls quelques initiés et professionnels du domaine connaissent ces étapes. Le grand public, confronté à la perte, est souvent quant à lui bien démuni lorsqu'il s'agit de vivre une situation douloureuse. Afin de faciliter la compréhension du processus de deuil, voici quelques brèves explications sur comment fonctionne celui-ci.
Le choc : Vous apprenez la perte, quelle que soit sa nature. Vous expérimentez un séisme intérieur, vous ne comprenez pas ce qui se passe. Vous pouvez à ce moment là avoir l'impression d'être projeté hors de votre corps tellement la secousse est forte.
La sidération : Vous restez littéralement bouche bée, comme changé en statue de sel. Aucune analyse de la situation n'est à ce moment possible. Vous êtes comme déconnecté de la réalité. Il est possible que vous expérimentiez une sensation de flottement, de dissociation qui vous empêche de ressentir des émotions. Vous êtes en quelque sorte vidé de tout ressenti.
Le déni : Revenant en conscience de votre corps, vous vous trouvez face à la nouvelle qui vous a été annoncée (maladie, mort du conjoint, licenciement, départ de l'être aimé...). Mais il est impossible pour vous de l'admettre. Non, cela n'existe pas. Non, cette situation n'est pas réelle pour vous. Vous niez la réalité même si autour de vous vos proches vous mettent face à elle.
Le marchandage : Prenant conscience de la réalité de la perte désormais bien réelle, vous entreprenez une démarche de marchandage avec la vie ou vos interlocuteur. "Reste avec moi mon amour, je vais changer...", "Mon dieu, faites que mon marie revienne à la vie"... Vous tentez par tous les moyens de négocier la réalité qui est trop dure à accepter.
La colère et la tristesse : Les émotions dont vous aviez été déconnecté précédemment reviennent ici en force. Un peu comme dans le cas d'un tsunami où la mer qui s'était retirée revient avec une intensité tellement forte qu'elle vous submerge. Vous plongez alternativement dans une colère intense et dans une profonde tristesse qu'il convient de reconnaître, dans lesquelles il faut pouvoir se plonger pour pouvoir en diminuer la pression. Il faut à ce stade pleurer, crier, vous révolter. Même si ces émotions arrivent longtemps après la perte en elle-même et qu'autour de vous, votre entourage pense qu'il est temps de tourner la page. C'est en vivant ces émotions qu'elles perdront leur intensité et vous permettront de glisser lentement et sereinement vers la dernière étape de votre deuil.
L'acceptation : Quand la mer s'est calmée, que le calme est peu à peu revenu en vous sans que vous vous en soyiez rendu compte, que les émotions ont été acceptées et vécues, vous arrivez au moment de la pleine et totale acceptation de la perte. Vous pouvez à présent évoquer cette dernière avec sérénité, le souvenir de ce qui a été perdu ne vous blesse plus.
07:52
Écrit par Virginie Stevens
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